la matière

le virtuel

le langage

The stone hurtles down and stops there.
The motion came to its halt, the past merged into the present.
Night falls, things are left as they stand as people head home
From the twilight hours, the predominating colour buds;
Emanating from the houses a soothing amber light.
The matter hidden waits to be uncovered;
So precious it is that its excavation is undertaken.
In spite of the cold spell, and from its surrounding neutral immensity,
This powerful, radiant particle of matter needs to be revealed;
That fragment alone, in its ore,
That disturbing fragment.
Mur frontal, haut de plusieurs mètres,
imposant Rectangle, ancré au sol.
Rectangle qui n'est qu'une infinie, infranchissable, arête-ligne.
Ligne doit se transfigurer en Cercle.
Cercle doit devenir Caillou.
Caillou doit faire parti d'un tas de pierres.
Le tas de pierres est appelé Cairn.
Tu peux faire le tour de Cairn autant de fois que tu le veux.
Déambuler autour de Cairn, c'est être Cercle.
Cercle c'est sphère, solaire.
Ligne c'est séparation, opposition.

Le bout du Chemin est encore loin,
Ligne sinueuse devant toi.
Tu marches sur Chemin.
Ton poids pèse à chaque pas sur Surface-sol de la Terre.
Tu lis sur ta carte Chemin-Ligne
Qui est inscrit sur Surface-papier.
Tu vois Surface-papier et tu t'appuies sur Surface-sol.
Surface crée Chemin et Ligne.

Pour oublier Chemin et Ligne, oublie Surface.
Pense à l'atmosphère et au souterrain.
Tu marcheras alors dans l'air et dans le sous-sol.
Désormais, pour trouver ton chemin, il te faudra chercher Cairn.

Si tu vois toujours Ligne, Mur, Surface, recommence
depuis le début.
Le grand et le petit marcheur ont leurs pieds enveloppés d'une matière épaisse et fabriquée.
Cette matière offre aux pieds une protection certaine.
Chaque pied a une plante (de pied) et cinq doigts de pied.

La plante supporte le poids du marcheur.
Avec la matière-protectrice, la plante n'est plus en contact direct avec la terre.
Cette terre-collante-reliante entretient une connexion avec les plantes. De quelle nature est cette relation?

À l'arrêt, le marcheur a ses deux plantes enracinées à la terre-collante-reliante.
Le marcheur, en mouvement, octroie à ces deux plantes, en quête de soleil, quelques moments de respiration.
Malgré cette échappée, elles ressentent hâtivement le besoin d'être de nouveau plantées.

Il existe deux types de marcheurs: le marcheur, avec la matière-protectrice, et le marcheur sans matière-enveloppe.

À une première vie de marche sans matière-enveloppe, il m'est donné d'en vivre une avec.

Les plantes, sans matière-protectrice, sont tous les jours cultivées.
Elles sont alors dures, mûres et épaisses.
La terre-collante-reliante les recueille naturellement. Les cailloux, les pierres, la chaleur, la fraîcheur sont les engrais.

La plante, habituée à la matière-enveloppe, se met à refuser la terre-collante-reliante, dès lors qu'elle perd sa matière-protectrice. En perdant celle-ci, elle se retrouve à nue et rejette tout. Elle évite le moindre contact de peur de mourir.

Ainsi la plante rentre dans une danse forcée avec le soleil.
Le marcheur se courbe pour se rapprocher de la terre-collante-reliante, mais la plante le refoule.

À ce rejet, La terre-collante-reliante riposte. Les cailloux, les pierres marquent leurs territoires sur la plante, qui le chasse.
Une trace éphémère apparaît sur la plante, et celle-ci va l'immédiatement la repousser.

La vie de marcheur avec la matière-protectrice empêche la plante d'être nourrie par la terre-collante-reliante.
À l'envers, à un contact répété entre la terre-collante-reliante et la plante, celle-ci se verra protégée par une fine écorce de la même matière qu'elle.

La plante préfère-t-elle une écorce naturelle aux traces éphémères ?
La vitesse permet de s’avancer sans effort. Des éléments défilent.
Le confort de la position assise entraîne une rêverie. Le regard est dirigé vers les transparences.
L’horizon est ainsi scruté en attente d’une réponse, à la rêverie commencée.

L’horizon est un découpage égal de la transparence entre la bande du ciel et la bande du sol.
La bande du ciel est un aplat blanc, bleu, bleu moutonné de blancs ou gris. Elle est intouchable, immatérielle et lointaine.

Parfois, les deux bandes se rencontrent, car la bande du sol est parfois composée d’éléments immensément lourds et imposants. Ils atteignent de telles hauteurs in-humaines, qu’ils brisent l’équilibre des deux bandes.
La bande du ciel est placée au second plan. Le passager ne voit désormais, plus que les montagnes.

Ils remplissent avec force la tranquillité de la bande du ciel. Le vert, le très blanc, le marron, la roche, les arbres sur les monts rayent la bande azurée.

La montagne intrigante est tellement riche d’éléments divers, qu’elle supplante l’attention portée à l’aplat du ciel.
L’aplat est gratté par l’immense forme ondulée ou anguleuse.

Mais la vitesse a rattrapé la rêverie. Et comme aussitôt apparue, la rayure va se réduire, le ciel va retrouver son apaisement.
Il reprend toute sa place.

Le passager a laissé passer les montagnes et les monts et repose son regard sur la bande du sol.
Tout lui semble trop proche, trop réel.
Il est au niveau zéro, en bas de la montagne.

Le randonneur ne peut espérer, explorer, fouiller la montagne. Le bloc de pierre et de terres qu’elle est ne se creuse pas.
Elle nous donne à voir que sa surface, son écorce.
Elle se laisse marcher dessus, pour qu’on découvre toutes ses courbes, ses angles, son écorce.

Le randonneur souhaite la gravir avec la seule force de ses jambes. Ses pieds seront en contact permanent avec l’écorce.
À cette répétition marquée de pas, le marcheur effleure et gratte cette écorce rocheuse.
L’écorce de la montagne pourra réagir à cet effeuillage forcé. Elle pourra relâcher certains de ces éléments de son emprise. Certaines pierres et certains rochers pourront être libérés.
Car la montagne est celle qui décide des déplacements du randonneur.
Elle accepte de se faire égratigner qu’à travers des passages précis.
Elle décide à travers quelles lignes, elle va se faire dévoiler.
La montagne ne nous donnera jamais de lignes droites, parfaites.
Tout y est tordu, blessé, sinueux.
Le randonneur attaque la dernière montée avant le sommet. La montagne ne rendra pas cette dernière montée facile.
Car la montagne souhaite une fusion, avant que le but soit atteint. Le corps se retrouve à avancer presque à la verticale.
Elle veut l’escalade, des jambes brûlantes et lourdes, un face à face avec son écorce. L’ascension doit se sentir, mais également une chute qui entraînera un toucher de mains, de son écorce. Le corps doit se souvenir de la raison, qui l’a poussée, à vouloir monter aussi haut. Rejoindre son excroissance, son sommet, sa tête, quel est ce plaisir convoité ?

Là-haut.
Être au-dessus, au-dessus de tous ceux qui la composent. Être de tout son poids sur cette montagne. Il n’y a plus de face à face avec l’écorce. Le but est atteint : l’apaisement. Ce que la montée interdisait.

En regardant au loin ce que le sommet de la montagne propose, le randonneur s’approprie les yeux de la montagne.
Avec ce nouveau regard, il y a la découverte de l’identité de la montagne, de ce qui l’entoure et la compose.

Le randonneur appréciera la hauteur qui le sépare du niveau zéro.
Il se souvient alors avoir gravi ce massif rocheux friable, mais non modulable.
Lorsque le corps réclame le repos, l’homme observe ce qui l’entoure avec un objectif précis.
Il crée une projection de son corps sur tous les rochers.
Quel est ce rocher qui siéra parfaitement à mon corps ?

S’allonger nécessite une surface à taille d’homme.
La surface devra être assez longue pour allonger les jambes et reposer les bras.
Le dos et la tête sont les parties du corps, à même à être en contact avec la roche.
La tête sera plus sensible à la rugosité. La roche ne devra pas être aigue mais polie. Le dos, quant à lui, cherchera un moulage proche de la surface plane ou de la surface concave. Une fois le corps coulé dans la roche, la montagne se met à le sonder. L’exploration de ce nouvel élément, au repos, est accomplie par les micros-vivants de la montagne.

Le corps en recherche d’une cavité rocheuse, demande une protection de la part de la montagne. Il souhaitera se protéger d’éléments atmosphériques. Le corps n’hésitera pas à se projeter, plié, recourbé sur lui même.
La montagne l’accepte dans ces excavations, mais non sans un effort du visiteur.
Une fois le moulage trouvé entre la montagne et le visiteur, le corps peut profiter pleinement de l’abri rocheux.
Le visiteur sera fier d’avoir décelé ce que la montagne a prévu pour lui. La montagne l’a tel pensé pour lui, et seulement lui ?

Le moulage entre l’homme et l’écorce de la montagne, est-il dû à la trouvaille de l’homme où de l’accueil généreux de la montagne ?
Après avoir atteint le sommet, le randonneur se met à descendre de la montagne. L’attraction pour le sol est tellement forte que le randonneur se précipite.
L’accélération amène le corps à se pencher en avant où en arrière. De ce mouvement naît parfois une chute.
C’est l’écorce de la montagne, qui se retrouve raclée par le corps.

La montagne crée la pente et si le randonneur dérape, c’est toute la montagne qui le suit. Ainsi les pierres et les éléments déboulent, dévalent, roulent.
Avec ces pentes raides, on pourrait croire que la montagne rejette le randonneur. Pourtant la montagne tente de le retenir avec l’aide de son écorce. Elle va renforcer l’aspérité de son écorce et accroître ces irrégularités. L’écorce saillie pourra stopper le glissement du randonneur.

Car la montagne désire connaître l’autre façade du randonneur ; ce dos qu’elle ne connaît pas, cette partie moins expressive. Elle aspire à la confrontation avec le randonneur, elle va alors provoquer son contact comme pour tenter de mieux le cerner avant sa fuite.
Avec une chute, le roulement du corps contre son écorce entraînera des appuis répétés et des traces laissées sur l’écorce.

La montagne nous accompagne et nous prépare à notre retour à l’altitude zéro.

actualité

Projets en cours

En lieu et trace Mémoire de fin d'études

Il n'est plus à démontrer que le numérique a profondément changé notre manière d’être dans le quotidien.
Le smartphone, par exemple, est devenu une extension de la main et a ouvert la porte à la mobilité. Notre rapport à un lieu évolue avec l’arrivée masssive des écrans numériques. L'utilisateur se retrouve confronté à une ou des interfaces et peut être amené à mouvoir son corps, ou à se déplacer. Il est de plus en plus invité à se couper du monde réel pour être plongé dans un autre monde. Ce mémoire, intitulé,"En lieu et trace" interroge les places accordées aux sensations des utilisateurs lors d'expériences immersives, avec comme interrogation première, le fait d'éprouver une sensation dans un lieu. Lorsqu'on se place dans le monde du sensible, le numérique bouscule nos approches et nous invite à témoigner ou à renouer avec une sensation vécue, différemment. En analysant certaines applications mobiles, on remarquera que l’utilisateur a accès à de nombreuses informations vissuelles, qui nous lient à l’interface, l’écran, ce qui peut freiner notre approche sensible du lieu. Il devient difficile de se détacher du mobile pour observer l’environnement autour. L'ambition du projet pratique est de ne pas se substituer aux sensations naturelles mais de les augmenter. Il s'agit d'aboutir à une négociation entre le ressenti et l'apport numérique. Le projet pratique, présenté, consiste en une application de réalité sonore immersive qui proposera des contenus sonores géolocalisés, aux abords de l’Ill, dans le quartier de l’Elsau. Il s’agit de confondre l’environnement physique de l’utilisateur, avec une proposition sonore s'inscrivant dans ce lieu. L’objectif premier de cette application est de permettre à l’auditeur de vivre une expérience sensible dans ce lieu.

HUC Projet pratique de fin d'études: une application de réalité sonore augmentée

Ce projet pratique consistera en une application de réalité sonore immersive qui proposera des contenus sonores géolocalisés, aux abords de l’Ill, dans le quartier de l’Elsau. Il s’agit de confondre l’environnement physique de l’utilisateur, ici les abords de l’Ill, avec la proposition sonore qui s’inscrit dans ce lieu. L’objectif premier de cette application est de permettre à l’auditeur de vivre une expérience sensible dans ce lieu. Je vais propose un documentaire sonore en m’appuyant sur mes histoires familiales et personnelles.

Google Arts et Cultures Article

En 2011, l’Institut Culturel de Google crée un service gratuit : « Google Art Project », (récemment renommée Google Arts et Culture). La volonté première de Google Arts et culture est de rendre l’Art accessible par tous. Il permet par exemple, de découvrir des lieux culturels du monde en 360 °, de consulter en ligne, des œuvres de musées partenaires, et, propose à l’utilisateur d’être un curateur de galeries en ligne. Ce service ne cesse de proposer de nouvelles expériences, avec notamment la sortie d’une application en juillet 2016. Cette innovation numérique bouscule nos rapports avec les œuvres et musées. Si l’on se place dans le monde du sensible, dans un rapport sensible face aux œuvres, quelles sont les limites de ce service ?

Amour, Malcom de Chazal Projet 3D Webgl

Interprétation d'un poème de Malcolm de Chazal en un projet 3D Webgl.

à propos

2015 - 2017
Master Multimédia à l’Université de Strasbourg.
Sujet de mémoire : Éprouver une sensation dans un lieu à travers le numérique
Sujet du projet pratique : Réaliser une application de réalité sonore immersive (documentaire familial)


2013 - 2015
DNSEP avec mention (option communication Bac +5) à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon.
Sujet de mémoire : Le livre, sa forme, dans l’espace d’exposition et dans l’espace numérique.
Sujet du projet pratique : Exposition basée sur une réflexion de la forme du livre et de mon attachement à mon île natale.


2010 - 2013
DNAP avec les félicitations (option communication - Bac +3) à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon.
2015 - 2014
Commissariat et médiation de l’exposition « Vu, lu, pris », à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon.

2015 - 2009
Bénévolat : Aminatrice et directrice chez les Scouts et Guides de France (14-17ans)

2014
Stage de deux semaines au sein de Pétrole Éditions, maison d’édition indépendante basée à Strasbourg.

2014 - 2012
Animatrice (3 / 6 ans) dans les centres aérés pendant les mois d’aôut
Participation à l’élaboration de l’exposition de Didier Mutel, artiste graveur, au Palais de Tokyo.
Réalisation d’une édition avec Gilles Picouet, artiste plasticien

2011
Médiatrice dans le cadre du festival Ososphère à Strasbourg.

2010
Montage de l’exposition de Jean Dupuy à l’ Institut Supèrieur des Beaux-Arts de Besançon.

Suite Adobe
Blender
Ableton (débutant)
Anglais parlé et écrit : niveau B1
Espagnol : niveau scolaire

Contact

Infos

  • chevreau.2.montlehu[a]gmail.com
    n° 06 49 85 05 20
  • Schiltigheim
    France